C’est en voulant comprendre pourquoi la municipalité de Vimy avait décidé de donné le nom d’un Général à une de ses rues qu’une enquête a été menée !

Les premiers avis laissaient à penser au Général d’Empire, Jean Lalanne (1756-1841), célèbre Général de Brigade en 1793. Cependant, notre Président, Philippe Martin, avait des photos originales de l’inauguration de cette rue, en avril 1977, en présence de personnalités canadiennes (certainement présentes aussi pour le 60e anniversaire de la prise de la crête de Vimy). Mais un personnage était mis en avant et sollicité par la foule.

Après de multiples recherches effectuées par Anne Dubuc, une piste à vue le jour. Un Général canadien dénommé de Lalanne existait bien, et explorant les archives, nous trouvions le parcours exceptionnel d’un étudiant canadien engagé volontaire à 18 ans qui finira par devenir Général de Brigade.

James Arthur de Lalanne (1897-1988) est né à Montréal, Québec. Il a fait ses études à l’Université McGill. En septembre 1915, il rejoint le Princess Patricia’s Canadian Light Infantry sur le terrain en tant que soldat. En mai 1916, il est nommé Lieutenant et est muté au 60th Bataillon (Victoria Rifles of Canada). Pendant la bataille de Courcelette, dans la Somme en septembre 1916, il est blessé par balle à l’avant-bras et évacué au No3 General Hospital du Tréport.

En avril 1917, pendant la bataille de la crête de Vimy, il commande une patrouille du 5th Canadian Mounted Rifles qui libéra le village de Vimy. Le 26 juillet 1917, il est décoré de la Military Cross (Croix militaire) : “pour sa bravoure remarquable et son dévouement au devoir en faisant une reconnaissance de jour réussie à un grand risque personnel sous un feu nourri à courte distance de la tranchée ennemie. Plus tard, il a montré une grande capacité à faire une reconnaissance et à couvrir le placement d’avant-postes. Il a en tout temps fait preuve des mêmes qualités de courage et de bon jugement”

Il est nommé Capitaine en juillet 1917, toujours au sein du 5th Canadian Mounted Rifles. Pendant la bataille de Passchendael, en novembre 1917, il est blessé par les schrapnels d’un tir d’obus. Il est évacué au No8 General Hospital de Rouen. Enfin, en aout 1918, pendant l’offensive des Cent Jours, sur la ligne Drocourt-Quéant, près de Vis-en-Artois, il est de nouveau blessé et sévèrement gazé. Il est évacué vers le No14 General Hospital de Wimereux. En janvier 1919, il reçu une “bar” sur sa Military Cross : “pendant toute la progression, sur une distance de 4 000 mètres, il a maintenu un contrôle complet sur sa compagnie. Sous un violent barrage de mitrailleuses, il longea la ligne dirigeant ses hommes, leur permettant de vaincre l’ennemi et de capturer les mitrailleuses. les qualités exceptionnelles de leadership dont il a fait preuve et son exemple sont une inspiration pour tous”

De retour à la vie civile, il complète ses études à McGill et devient comptable agréé. Au début de la Seconde Guerre mondiale, il reprit du service actif où il occupa divers postes d’état-major et pris sa retraite en 1945 au grade de Général de Brigade. Il fut nommé Commandeur de l’Ordre de l’Empire britannique (Order of the British Empire) et servi au sein d’organisations d’anciens combattants en tant que Grand Président de la Légion royale canadienne et gouverneur honoraire du Corps canadien des commissionnaires.

La ville de Vimy a parfaitement choisi le nom de cette rue. Libérateur de la commune, 3 fois blessé, un homme au parcours incroyable qui laissera à jamais son empreinte sur Vimy.